Business zéro déchet

Les pratiques du zéro déchet sortent de l’ombre et se professionnalisent : que penser du business zéro déchet ?

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J’ai toujours su que Batman avait un dark side moralisateur…

Un champ à définir

Le zéro déchet est-il une démarche personnelle ? Un nouvel appât commercial ? Rappelons la définition du concept, appliqué à deux cas de figure :

  • À titre d’individu, il s’agit d’une démarche appliquée à sa consommation personnelle. Cela consiste à changer ses habitudes d’achat et son mode de vie, afin de ne pas contribuer à la production de déchets supplémentaires dans toutes les situations de sa vie quotidienne.
  • D’un point de vue professionnel, le zéro déchet peut s’apparenter à une démarche d’économie circulaire qui consiste, pour l’entreprise, à repenser son mode de production afin de ne pas générer de perte de matière, mais de s’assurer que cette dernière sera réutilisée soit sur un nouveau poste de production, soit par une entreprise partenaire.

L’ampleur du zéro déchet

La montée en popularité du zéro déchet n’est pas anodine. Elle révèle la volonté de s’engager personnellement, rapidement et concrètement dans le changement afin de parfois lutter, contre la frustration de ne rien voir bouger au niveau de son pays ou de sa commune (voire même de constater avec désespoir la prise de position politique régressive…). Cependant, il ne faut pas se leurrer. Ce n’est pas en ayant seulement une démarche exemplaire à son image que l’on « sauvera la planète ». De un, j’ai tendance à croire que nous aurions plus intérêt à vouloir nous sauver nous-mêmes en préservant des conditions de vie optimale à notre survie (boire, manger, respirer) que de prétexter sauver la planète qui sera là encore longtemps après notre extinction (autodestruction ?). De deux, « faire sa part » n’a jamais été suffisant pour structurer le changement du monde. Ce qu’il faut, ce sont aussi des prises de décision radicales et courageuses, tant dans le domaine politique, qu’en matière d’entreprise.

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L’impact négatif de notre mode de vie sur la faune… Chris Jordan

Partage de savoir : payant ou gratuit ?

Pour moi comme pour d’autres, le zéro déchet a commencé dans ma tête. C’était un choix logique, sensible et sensé qui découlait directement d’une prise de conscience : « NON, nous (l’humanité) ne pouvons pas continuer à faire n’importe quoi ! Les déchets ne passeront pas par moi ! Y’en a marre après tout, je ne suis pas la poubelle du capitalisme » Aïe… où est ma pilule pour lutter contre mes ardeurs de gauchiste-écolo-bobo ? Au secours Guillaume Meurice, je fais une rechute….

J’ai donc changé mes pratiques personnelles (achats, sorties), je me suis servie des aisselles de mes ami.e.s comme cobayes pour ma recette de déodorant et j’en ai parlé pendant des heures autour d’un verre (sans paille), juste comme ça. Mais juste comme ça, ce n’était plus assez. Les personnes autour de moi ont eu envie que je leur montre comment elle pouvaient faire mieux, que je les motive. Et c’est comme ça que j’ai commencé à lancer mon concept des ateliers publics de zéro déchet et également à former les gens à domicile.

Il y a des partisan.ne.s du tout payant et d’autres du tout gratuit. Je crois qu’un équilibre est possible. Aujourd’hui les deux modèles se côtoient et dans de nombreux domaines : réparer son vélo, apprendre à cuisiner, à faire de la permaculture, à construire sa maison en paille, se former au numérique, aux médias, au dessin… et j’en interviewe plein ! Pour moi, le zéro déchet ne fait pas exception :

  • On peut se former seul.e : il existe pour cela des centaines de blogs, chaines Youtube, reportage et livres à parcourir. C’est comme ça que moi j’ai fait, mais c’est un travail qui prend du temps.
  • On peut se former grâce à une association.
  • On peut se former rapidement et efficacement avec un.e professionnel.le de la question. Suivre une formation avec une personne dont c’est le mode de vie au quotidien a un avantage : elle aura expérimenté toutes les phases de remise en question, de doutes et d’apprentissages inhérentes à tous les processus de changement. Elle sera à même de répondre à toutes les questions, mais aussi de suggérer un modèle d’exécution efficace adapté à sa clientèle. C’est le principe même de l’expertise.

Pour ma part, je ne saurais pas me former seule sur tout les sujets. J’ai constaté récemment que je ne savais pas vraiment me faire à manger (!), et ce, malgré l’information accessible sur différentes plateformes. Ce dont j’ai besoin, c’est de discipline, c’est que l’on fasse avec moi. Et bien j’ai trouvé Noisette & Basilic qui va m’aider à acquérir la formation dont j’ai vraiment besoin : du temps, de l’efficacité, de l’expertise et de la passion.

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Ma poubelle du mois VS la poubelle de la semaine de la maitresse de classe à l’école de Fleury-Les-Aubrais

Quand le zéro déchet devient business

Dans cette prise de conscience générale, de « nouveaux métiers » se créent autour du zéro déchet (entre guillemets car la notion de nouveauté est un peu inexacte même si c’est la plus proche de ce que je souhaiterais exprimer) :

  • créateur/créatrice textile : serviettes hygiéniques lavables, lingettes réutilisables, rouleaux d’essuie-tout lavables, mouchoirs en tissu…
  • fabricant.e de cosmétiques naturelles
  • fabricant.e de cups menstruelles
  • fabricant.e de pots en verre (redynamisation du marché existant du moins)
  • gérant.e d’une épicerie en vrac
  • animateur/animatrice d’ateliers zéro déchet
  • conférencier/conférencière sur le lifestyle zéro déchet et ses bienfaits
  • youtubeur/youtubeuse et bloggeur/bloggeuse
  • et tout l’éco-système des start-ups en général

Certains business qui se créent répondent même directement à des problématiques que le zéro déchet remet au goût du jour. C’est le cas de L’Increvable avec leur machine à laver conçue pour durer 50 ans, luttant ainsi contre l’obsolescence programmée. C’est aussi le cas pour Jean Bouteille qui commercialise de l’huile, du vinaigre et du vin en réintroduisant le concept de la consigne.

Découvrez L’Increvable en interview.

Indice particulièrement révélateur, Facebook possède même ces propres groupes de réflexion et de vente sur le sujet : ZD productions ou Créer sa boite en relation avec le zéro déchet par n’en citer que deux.

 

Sommes-nous des «opportunistes du zéro déchet»?

Récemment, j’ai participé à un start-up weekend à Paris car c’était le premier start-up weekend en France à traiter du thème du zero waste. Le principe des start-ups weekend est d’encourager l’entrepreneuriat. En 54h, le challenge est de lancer une entreprise innovante en équipe : on développe à la fois ses capacités en gestion de projet et son network professionnel, c’était vraiment chouette.

Au-delà de l’effet de mode de la thématique, la bonne génération de presque trentenaires que nous étions, a clairement identifié que les déchets étaient un problème. La solution se devait donc d’être globale, inédite et innovante, bousculant ainsi les codes du vieux monde. J’ai eu la chance d’être aux premières loges de l’émergence de beaux projets comme une couche 100% compostable (les grand.e.s gagnant.e.s !), un circuit de récupération de pain dans les boulangeries ou de rebus dans les cantines pour nourrir les cochons, un contenant pour cosmétiques à remplir chez des partenaires, une paire de chaussures recyclée et recyclable, une plateforme numérique d’échange sur les DIY zéro déchet, un système de consigne pour la vente à emporter ou la livraison des fruits et légumes et tant d’autres…

Professionnaliser le zéro déchet c’est également une façon de diffuser à grande échelle ce mode de vie et de le rendre plus facile d’accès pour les individus. Contribuer au zéro déchet à son échelle personnelle cela est déjà un bon pas, mais ne jamais le revendiquer, cela n’améliorera pas le monde. Et le monde change. On pourrait résumer ainsi : il vaut mieux prendre le train en marche que de le regarder passer. À titre personnel, j’ai décidé de prendre le train. Et vous ?

justine-start-up-zero-waste

1 réflexion sur « Business zéro déchet »

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte. blog très intéressant. Je reviendrai. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

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